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Interview exclusive de Viviane Wade, par Denise Epoté-Durand
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Bisontine – à savoir native de Besançon, dans l’est de la France -, blanche, rien ne prédisposait cette femme de soixante huit ans, à devenir la première dame du Sénégal.

Rien si ce n’est l’amour ! C’est à 20 ans qu’elle fait la connaissance d’Abdoulaye Wade et décide de l’épouser contre l’avis de ses parents, qui n’avaient sans doute rien contre l’homme mais qui craignaient que leur fille ait du mal à s’intégrer à cette vie qui l’attendait au Sénégal. Et si l’intégration ne semble guère avoir posé de souci, " aux Sénégalais, il importe peu que je sois blanche. Je suis française de nationalité sénégalaise ", on ne peut pas dire que la vie au Sénégal ait commencé dans le calme pour Viviane Wade.

En 1974, son mari fonde le premier parti d’opposition au Sénégal et la suite de sa carrière politique sera cadencée par divers séjours en prison, ce qui complique plutôt la vie de Viviane, alors mère de leurs deux enfants. Rien ne viendra cependant briser son attachement à un homme qu’elle considère alors d’abord comme "un résistant".

Aujourd’hui, la vie est tout autre mais Viviane Wade ne souhaite pas s’enfermer dans un protocole. " La première dame ne doit pas être une porte d’entrée mais une fenêtre vers l’extérieur pour le Président ", déclare-t-elle dans une interview que lui consacre le quotidien parisien " Libération ". Elle entend donc bien, et ce malgré les pressions, continuer à s’occuper des brodeuses de Pikine, une banlieue de Dakar forte de plus d’un million d’habitants, auxquels elle a décidé en 1977 de donner de son temps. Elle qui ne connaissait rien à la couture et encore moins à la broderie souhaitait avant tout permettre aux femmes de Pikine de trouver une autonomie financière. C’est avec elles qu’elle apprendra, tout en leur donnant des conseils pour dessiner les modèles et tailler les patrons. Mais elle a du abandonner la maison qu’elle avait achetée dans le quartier du Point E et qui servait d’atelier, l’intendant du palais lui ayant expliqué que traverser la ville deux fois par jour toutes sirènes hurlantes n’était pas très conseillé. Qu’à cela ne tienne, les brodeuses viendront au Palais !

Viviane Wade souhaite sans conteste donner une image plus moderne de la première dame du Sénégal. C’est plutôt cohérent quand on vit avec le président du sopi – le changement en wolof.


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