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  "Oum Kalsoum est unique, incomparable. Elle a toujours été une référence pour moi, un exemple de la perfection". Ainsi s’exprimait la chanteuse française Sapho, lors de sa reprise du très célèbre titre de la diva égyptienne "El Atlal" (les ruines). Près de trente ans après sa mort, Oum Kalsoum suscite toujours autant de passion et pour qu’un nouveau talent parvienne à marquer un point auprès du public égyptien, il doit réussir à chanter Oum Kalsoum. De "l’astre de l’Orient", à Souma en passant par "la quatrième pyramide de l’Egypte", les surnoms choisis par les égyptiens attestent de leur attachement à la Dame autant que leur récent plébiscite pour un feuilleton fleuve consacré à Oum Kalsoum et diffusé à la télévision en décembre 2000.

"Raconter la vie d’Oum Kalsoum, c’est retracer la vie de tout un peuple", déclarait l’auteur du feuilleton "Oum Kalsoum", Mahfouz Abdel Rahmane, lors d’un entretien à l’hebdomadaire Al-Ahram. C’est sans doute pour cette raison que le peuple égyptien était si nombreux devant le petit écran, lors du dernier ramadan. Un succès plutôt bien vu par les promoteurs de cette superproduction : 270 lieux de tournages, 250 acteurs, des costumes estimés à plus de 700 000 L.E. (140 000 francs français), un budget annoncé de 5 millions de L.E. (10 millions de francs français)… Difficile de faire moins quand il s’agit de retracer 60 ans de la vie d’une chanteuse aussi présente sur la scène politique que dans celle de la rue. Car c’est là toute la magie d’Oum Kalsoum ! "Elle est unique dans la mesure où elle a toujours été étroitement liée aux cercles du pouvoir tout en demeurant, de par ses opinions et ses prises de position très "populaire" dans le sens d’appartenir au petit peuple", continue Mahfouz Abdel Rahmane.

Oum Kalsoum entourée de ses musiciens, dans une vitrine du souk

Du petit peuple elle était issue, originaire du village de Tamay Al-Zahayra et sa réussite est souvent citée en exemple aux jeunes musiciens ou chanteurs de la province égyptienne qui désespèrent de se frayer un chemin vers le sommet. Si l’année de sa naissance reste mystérieuse – 1896 pour les uns, 1905 pour les autres -, on sait qu’elle est arrivée au Caire en 1923. Mais de nombreuses zones d’ombres planent toujours sur certains pans de sa vie, zones que le feuilleton n’a pas pu éclaircir. Son succès était-il seulement dû à sa beauté et à sa voix ou bien à d’autres facteurs ? Qu’importe pour le téléspectateur égyptien, Oum Kalsoum mobilise toujours autant les foules. "C’est le personnage féminin le plus important et le plus influent du siècle", affirme l’auteur. "Non seulement sa voix nous a permis de connaître le patrimoine musical le plus riche et le plus précieux jamais réuni par une seule personne mais en plus, elle a réussi à faire apprécier plus de 400 chansons à des millions d’amateurs issus de toutes les catégories sociales et dans tout la nation arabe".

Souma veille toujours sur son peuple, dans un café du Caire qui porte son nom

Une chose est sûre, si les égyptiens restent si attachés à leur idole, c’est aussi parce qu’elle a eu des gestes forts à des moments capitaux de leur histoire, comme cette tournée mondiale après la défaite de l’Egypte en 1967 – avec notamment deux concerts à l’Olympia à Paris -, pour redorer le blason d’un pays vaincu. Un geste qui lui vaudra pour longtemps encore, la reconnaissance de son peuple. Une robe longue et classique, des lunettes foncées et une longue écharpe, "Al-Sett", la Dame est toujours là, bien présente, dans le cœur de ses frères.



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