Le 7 décembre 1941, le jour de l’attaque sur Pearl Harbor, les Japonais fondent sur Hong Kong, la grande colonie anglaise de Chine.
Peu après, ils mitraillent les aérodromes américains des Philippines et débarquent dans la presqu’île de Bataan.
Déjà solidement établis en Chine, les Japonais envahissent la Birmanie et la Malaisie, alors colonies britanniques, pour le caoutchouc, Sumatra, colonie hollandaise, pour le pétrole. Et ils menacent l’Inde et l’Australie.
Le général Yamashita, surnommé le Rommel japonais, ose s’enfoncer avec ses chars dans la jungle de Malaisie. Il capture Singapour, la perle de l’empire britannique, une forteresse réputée imprenable.
Déjà solidement établis en Chine, les Japonais envahissent la Birmanie et la Malaisie, Sumatra et ils menacent l’Inde et l’Australie.
Le général Yamashita sera pendu en 1946 pour crimes de guerre. Ses prisonniers, regroupés dans d’horribles camps, vont mourir de faim, de maladies tropicales, de mauvais traitements. Ils seront obligés de travailler sur les voies ferrées, qui permettent aux Japonais de se rapprocher de l’Inde avec le fameux chantier du pont de la rivière Kwai.
Pour éviter la capture, le général Mac Arthur, commandant les forces américaines des Philippines, encerclé par les japonais, reçoit de Roosevelt l’ordre de s’échapper. Ses hommes sont faits prisonniers, 30.000 américains et autant de Philippins, qui partent pour leur camp d’internement, distant de cent kilomètres. C’est la marche de la mort.
La cruauté des soldats japonais s’explique par leur mentalité très particulière à cette époque. Ils ne comprennent pas que l’on puisse se rendre. Eux ne se rendent jamais. Formés dès l’enfance à la guerre, ils apprennent le Bushido, l’art de tuer, et d’être tué.
En cinq mois, le Japon a détruit les forces alliées d’Extrême-Orient, et conquis la moitié du Pacifique.
D’après "Apocalypse, la deuxième guerre mondiale", une production CC&C
Témignage : Sheila Allan
Née en Malaisie en 1925 d’un père australien et d’une mère malaise, Sheila Allan est élevé à Singapour. En compagnie des ressortissants du Commonwealth et de sa famille, elle est enfermé dans la prison de Changi après la victoire des japonais en 1942.
"19 janvier 1942
[Après un bombardement à Singapour] : la route de la Plage était fermée, nous avons pris celle du Pont-Nord. Partout, des morts, des agonisants. Beaucoup de blessés graves. C’était abominable de les voir là, couchés par terre, baignant dans un sang encore chaud, qui, parfois, semblait s’écouler comme un fleuve et formait de petites mares rouges. L’écarlate était devenu la couleur dominante. Où que porte le regard, ce n’étaient que corps sans vie, mourants è des femmes, des enfants, pour certains affreusement atteints. Comment décrire une telle scène ? Je n’ai jamais rien lu de ce genre, j’y ai encore moins assisté. Je n’arrive pas à trouver les mots pour dire la tristesse, l’horreur, devant ces vies qui s’enfuient, devant ces morts sans raison, devant ces pauvres enfants pleurant de douleur ou de peur face au malheur qui les a frappés, qui les frappe encore. Quelle tragédie.
C’est donc ça, la guerre. Ce que fait la guerre. Mon Dieu ! Quel gâchis de vies ! Quelle dévastation ! La guerre, cette terrible prédatrice des jeunes comme de vieux ! Qui pourrait la glorifier ?
[…] Mon estomac s’est retourné quand j’ai trébuché sur une vieille femme. Elle était en train de mourir, du sang coulait de sa bouche et de sa tête. Une de ses jambes était repliée sous elle. Ses entrailles béaient, et les mouches s’en régalaient déjà. Il lui manquait un bras. Quelle image ! Ses yeux me fixaient. J’ai essayé de les fermer, mais ses paupières se rétractaient. Je tremblais. Une odeur de chair brûlée me montait à la tête. Je devais avoir l’air assez mal en point, quand on m’a pressé contre lèvres une tasse de café noir et fumant."
Extrait de : Paroles d'enfants dans la guerre : Journaux intimes d'enfants et de jeunes gens 1914-2004 de Zlata Filipovic et Mélanie Challenger, XO Editions.